2 – Installation

À la Une

Hey !

Me revoilà ! J’essaye d’être régulière dans mes publications et pour l’instant je ne tiens absolument pas mes promesses. Mais me voici tout de même !

Au programme de cet article : installation et découverte du campus !

!!!!! Certains mots sont soulignés et écrits en bleu clair, ils conduisent à des liens. N’hésitez pas à appuyer dessus !!!!!!

Dormir

  • J’habite en cité universitaire, sur le campus. Grâce à ma (très bonne) situation d’athlète, mon logement est payé par l’université. Je vis dans un appartement ayant une capacité de 4 personnes. Il y a une cuisine, un salon, salle de bain, douche et toilettes séparées. Les chambres sont doubles. Deux volleyeuses dorment dans la chambre nommée « Y » et dans la « X », bah y’a moi. Et j’y suis seule.

Pour l’instant je n’ai échangé que 10 mots à tout casser avec mes roomies. Ça n’a pas l’air de les déranger et moi non plus. Je vous tiendrai au courant de l’évolution…

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Info importante pour la suite des aventures : durant mes trois semaines d’inactivité blogistique, Mathieu est arrivé. Triple sauteur, Mathieu était une connaissance de ma vie Française (à prononcer Matthewmat’tchouw).

Manger

  • Toujours grâce à la bourse complète, je ne paye pas ma nourriture. Deux choix sont proposés : un chèque ou la cafétéria.

Dans un premier temps Mathieu et moi avions décidé de manger à la cantine. Mais, cela s’est vite avéré très très compliqué (j’aurai l’occasion de vous parler de l’administration étasunienne, un calvaire). Nous avons donc décidé en temps qu’adultes responsables de nous occuper nous mêmes de nos courses et de nos repas. Le prix de la nourriture est sensiblement le même qu’en France.

(Mathieu, durant la rédaction de l’article :  » les chèques ont mis du temps à arriver, vous nous voyez heureux et nourris là mais il faut savoir qu’il y a peu de temps c’était la Hess (=la misère).)

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  • Il semble aussi important d’ajouter que la bouffe américaine est très sucrée et grasse. J’écrirai sûrement un article explicatif à ce sujet pour que vous ne soyez pas surpris de me voir gonfler telle une montgolfière.

Se déplacer 

  • Le Campus est comme vous pouvez l’imaginer : grand. Et encore, il fait partie des campus dits « de taille humaine ». Se déplacer plusieurs fois par jour à pied devient vite épuisant.
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Mon dortoir se trouve en F9, et les cours se trouvent D4. Soit à 1 km de distance

La solution ?

Des vélibs Californiens, les limes bikes, 50cents « la ride ». Particulièrement rapide et efficace.

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Petite dédicace à mon frère : Hey Arthur, je sais régler ma selle ! 

  • Pour les déplacements hors campus, j’ai mon permis. Mais je n’ai pas de voiture… Les transports sont assez chaotiques à LA. Donc on se déplace en UBER, bien moins chers que leurs cousins français ; 5$ à 4 personnes ca vaut le coup. (Uber everywhere, Skrrt skrrt).

Dans le prochain article : les cours et les entrainements !

N’hésitez pas à commenter vos impressions et questions 🙂 

Bises

Léna

CITATION DU JOUR : » I might be stupid but I’m not dumb »

ENSEIGNE DU JOUR :Walmart 

MOT DU JOUR : Fashoo (=for sure) : bien sûr

SON DU JOUR :RIP MAC MILLER 

https://www.youtube.com/watch?v=74TFS8r_SMI

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5- Comment régler son problème d’identité en passant 5 mois aux États-Unis (ou l’aggraver).

C’est un article un peu différent, qui se veut rapprocher un plus du billet d’humeur que mes autres publications. Trois idées d’épisodes sont déjà posés au brouillon, les deux premiers sont déjà écrits, terminés, corrigés. J’espère qu’il vous plairont. Bonne lecture.

Je suis Française. Car née à Brest. Car mes parents sont Français.
Je suis Béninoise. Car mon père est Béninois et que j’ai demandé la nationalité béninoise.
Je suis Européenne et Africaine.
Athlète et étudiante.
Noire et Blanche.
Banlieusarde aussi.
Et habitante des États-Unis, le pays du grand mix.


ÉPISODE 1 – Identité Nationale et fromagère

Française.
Oh que j’aime le fromage. Et plus précisément le chèvre. J’adore aller prendre mon croissant à la boulangerie en rentrant de compétition, avoir ma tarte aux fraises le dimanche après-midi quand ma Grand-Mammig est là, rire de mon frère et de ses tentatives vaines d’engloutissement de Saint-Honoré en une bouchée. J’aime ma baguette fraiche et ma boulangère qui fait la gueule. J’aime ma petit part de pizza fraiche achetée Rue des Saints-pères entre deux cours à Sciencespo, Amélie et sa salade à ma gauche, me racontant tous les petits potins. J’aime m’asseoir en terrasse, en plein Paris, un samedi aprèm avec mes copines en attendant Mei qui est toujours en retard. J’adore ce serveur typiquement parisien, avec son humour sec et son air pince-sans-rire. J’aime Piccolini ou Otacos avec en fond sonore Ilies qui vanne Arthur, Happy qui ricane dans le fond et Anna qui s’étouffe en croquant dans une frite.
Au pays de l’oncle Sam, point de fromage frais. Adieu le camembert sur la tartine grillée de pain aux graines, le roquefort sur la quiche, le sandwich comté-jambon.
Rien de tout ça.
De la graisse, du sucre, des vitamines ajoutées dans le jus d’orange, les boissons fluorescentes, les cookies hyper sucrés, des yaourts vendus à l’unité.
Et Mathieu. Mathieu qui verse une larme quand on lui demande pourquoi il met de la farine dans sa pâte à crêpe. D’ailleurs Mathieu, pourquoi tu fais ta pâte seul ? Y’a des paquets déjà tout fait, t’as qu’à rajouter de l’eau. « Oh you French people are so funny ! »
Non on est pas funny, on aime la bonne bouffe. Notre chèvre et notre beurre demi-sel paysan Breton.
I’m not ashamed to say it right now, I’m super proud to be a Fucking French eating fucking croissants.

« Léna, même quand tu marches tu cours ». Ok, man listen to me. C’est un skill à développer et très utile. Il y a à Paris un endroit très sombre. Peu en ressortent indemnes. Un Labyrinthe souterrain où aucune faiblesse n’est tolérée, où il faut marcher sans se retourner sous peine de mort immédiate. J’ai nommé Châtelet-les-Halles. Alors oui je marche vite mais c’est rien, c’est Parisien.
Mais attends j’ai pas fini, je peux t’en montrer d’autres, faire la gueule à chaque fois que je suis en public, crier « hey connard » quand on ne me laisse pas passer au passage piéton, foncer dans quelqu’un et agir comme si je n’étais pas fautive. Je maîtrise tout ça parfaitement… So Français !
Donc, toi Américain, quand tu me tiens la porte et que tu t’excuses quand tu me frôles, je te bénis.
Tu me bénis quand j’éternue, de grands « BLESS YOU » (à tes souhaits) venant de la part d’étrangers. Mais tu me blesses aussi. Tu me blesses quand te reconnaissant je te lâche un grand « Hey » et que tu détournes le regard. Tu me blesses quand je te penses être mon ami et que finalement l’amitié ne signifie pas la même chose pour toi et moi. Moi pauvre Française, enchevêtrée dans mes grands convictions humanistes, je t’aime. Et toi, tu fais semblant de m’aimer.

ÉPISODE 2 – Noire

Je suis métisse, noire et blanche, noire ou blanche. Je sais pas trop, personne n’a l’air de trop savoir. Quand je vais au Bénin je suis blanche, aussi blanche que ma mère. Quand je suis aux États-Unis, je suis noire. Une goutte suffit. Moi, j’ai plus qu’une goutte, j’ai tout un océan. En France, je ne sais pas trop ce que je suis non plus. Binationale, peut-être ; ça compte parait-il. Enfin, surtout quand on est terroriste.

Je suis Bretonne, fille d’un immigré par amour.
« Attends mais c’est qui sur la photo ? Ta mère ? Elle est Blanche ?
– Bah heu ouais et mon père Noir, pourquoi ?
– J’étais persuadé que tes deux parents étaient Noirs
– Ha bon ? Ça existe pas les couples mixtes chez vous ?
– Très rarement. »Il n’y a pas de communauté noire définie en France, il n’y a pas de communauté Africaine définie en France. Juste un agrégat d’identités communautaires. « T’es un quoi toi ? Un Sénégalais ? C’est lourd. Moi ? Algérien frère ».
Aux US t’es noir. Afro-américain ? À peine. « Non, mais on a rien à voir avec les Africains ». Marcus Garvey s’en mordrait les doigts.
Je me contente de sourire et de me dire que certes la culture américaine n’a rien à voir avec le cultures africaines, mais que toi, Noir-Américain t’es juste un lointain cousin. Un fils de fils de fils de fils d’esclave Béninois. Béninois qui un matin est passé à travers cette grande porte en pierre sur une plage de l’Atlantique mangée par les vagues. Tu n’y es jamais retourné et ne t’es jamais retourné.


Omotayo, ma copine nigériane me lance un coup d’œil quand une autre amie, fille de Nigérians née au USA refuse de manger dans le même plat que nous. Je lui souris, hausse les épaules et dévore mon poulet.
La société américaine est communautaire. Les Blancs ont tendance à parler aux Blancs, les Noirs aux Noirs et les Latinos aux Latinos. On parle d’ailleurs de race. Et oui, la race, le fameux mot rayé de la Constitution française en août dernier.
Vient alors la question du fameux « N-word ». J’ai le droit de l’écrire, de le dire. Je suis noire. Nigga, the « N-word ». Imaginez un Blanc dire « nègre » à un Noir ; parce que c’est la traduction. Nègre.
C’est un mot interdit, une sorte de privilège logique réservé aux Noirs qui ont décidé de prendre en main leur identité, de s’approprier les mots et de s’auto-définir.
Le langage est coloriste aux US.
Les Noirs et Latinos ont chacun leur langage et leurs expressions, créées de toutes pièces pour se différencier du Blanc, colon dans l’imaginaire collectif.
Aux Us, je me sens Noire. Je ne sais toujours pas quelle case cocher quand je remplis un document administratif mais je me sens noire car incluse dans la communauté.
Un jour, en rentrant des cours, j’ai vu une affiche placardée sur ma porte de bâtiment. Une jeune femme souriante y apparaissait avec marqué en gras « JUSTICE ». Un noire tuée, par la police. C’est donc vrai, ça existe donc vraiment, juste là, à côté.
Puis une conversation, avec un camarade blanc :
MOI – Je suis choquée par cette affiche, tu ressens qu’il y a du racisme dans la société américaine ou pas ?
LUI – tu sais déjà le racisme c’est dans tous les sens
MOI – tu parles de racisme anti-Blanc là ?
LUI – oui exactement, comme il y a en a en prison ou des certains quartiers
mais ça n’existe pas. Le terme juste est discrimination qui vise les Blancs, qui n’est pas institutionnalisée, contrairement au racisme…
Protestations de mon camarade. Je gueule un peu, explique beaucoup puis me barre énervée et choquée.


Je suis Noire aux États-Unis. Racisée en France et fâchée partout.


Pour aller plus loin :

Pour les intéressés, j’ai trouvé cette vidéo en anglais seulement (j’en suis désolée), reprenant l’histoire du n-word et son utilisation dans la vie de tous les jours. En essayant de trouver une source en français, je suis tombée sur des vidéos et des articles à coté de la réalité américaine actuelle. Le n-word est utilisé par les Noirs et à part la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People – association de lutte contre le racisme historique) la population n’a pas l’air de renoncer à son utilisation.

Un classique. Paris je t’aime.


4 – Les cours

Me revoilà ! Avec un sujet passionnaaaaaaaant : LES COURS !

Je ne suis pas venue aux US que pour l’athlétisme. Je suis scolarisée et ma pratique sportive est d’ailleurs conditionnée par mes résultats scolaires.

Comme certains le savent, j’ai passé mes deux dernières années universitaires au sein d’un cursus pour sportifs de haut-niveau à Scpo Paris dans des conditions d’apprentissage paradisiaques. J’ai validé l’équivalent d’une licence (180 ECTS, crédits européens pour les connaisseurs.)

Je suis actuellement un bachelor avec comme spécialité « Science politique ». D’ailleurs ici, on dit Major. Exemple : Je fais une licence de biologie -> My major is biology.

Organisation générale

Le système américain est vraiment différent du système français. Ici, les étudiants décident du nombre de cours qu’ils suivent par semestre. Le rythme de chacun  est donc propre aux nombre de classes choisies. Le nombre d’années passées en university est généralement de 4 ans mais peut varier de plus ou moins un semestre compte tenu de la quantité de cours choisie par semestre.

Les étudiants sont nommés selon leur année d’étude : 1ère année : Freshman, 2e année : Sophomore, 3e : Junior, 4e année : Senior. Grace à un transfert de crédit je suis en 2e semestre de Sophomore.

Un autre point important : les GE (General education). Ce sont des classes diverses qui servent de socle de culture générale. Je m’explique, tous les étudiants sont obligés de choisir deux classes scientifiques, de suivre des cours d’écriture. Pour mon premier semestre au US j’ai donc suivi des cours de géologie… Matière bien éloignée des Sciences Politiques. Les classes sont donc très hétérogènes, accueillant des étudiants d’âge et de niveaux différents.

Les classes sont nommées par matière et numérotées par niveau de « difficulté ». Une classe « freshman » est numérotée entre 100 et 199, sophomore 200-299, junior 300-399, senior 400-499. Ma classe de géologie s’appelle GEOL110.

Chaque bachelor a des classes obligatoires à suivre et des possibilités bien déterminées par un plan d’étude. Les classes valent en général 3 crédits et les classes « annexes » (laboratoire en science par exemple ou travail avec un assistant en langue) valent 1 crédit. Étant sportive, je suis plafonnée à 17 crédits par semestre.

Personnellement, j’ai la chance de ne pas avoir beaucoup de cours donc pas le besoin d’aménager mes horaires.

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Les classes durent 2h30 par semaine et par matière. Elles sont soit séparées en 2x 1h15 (lundi-mercredi ou mardi ou jeudi) ou soit données en 2h45 d’un coup. J’ai par exemple une classe d’Histoire en amphi, le lundi soir de 19h à 21h45. Et c’est beaucoup trop long.

La quantité de cours est très légère par rapport à ce qui se fait en France. Il est facile de n’avoir cours que deux jours dans la semaine en suivant des cours de 8h à 21h45.

Exigences

Avant d’arriver j’appréhendais un peu le changement dans ma vie scolaire. Changement de rythme de travail et des exigences autres qu’à Sciencespo. Je ne m’attendais pas à quelque chose de plus difficile, juste de différent.

J’ai une grande révélation à vous faire, étudiants Français : la quantité de travail requise aux USA en premières années de bachelor est équivalente à celle de la fin de collège. C’est à dire pas grand chose. Les profs offrent littéralement les questions des contrôles 2 semaines avant l’examen pour  que les élèves puissent se préparer. Il y a beaucoup de bonus à gagner. Et beaucoup de contrôles sont en fait des quizzs. Bien que les quizzs soient des faux-amis, il reste toujours plus facile de procéder par élimination que de deviner une réponse.

Il se trouve que j’ai suivi une classe de Political Sciences appelée POLS444 (Election and Voting behavior). Si vous avez bien suivi vous devez actuellement faire cette tête : james franco what GIFOui, oui, je sais je suis en Sophomore donc ne devrais pas suivre des cours en 400. Mais le département de Sciences politiques nous autorise à le faire. Ils s’en fichent un peu en réalité… Mais revenons à nos moutons. Cette classe est censée être compliquée or ce n’est pas du tout le cas. Il faut juste apprendre ses cours, il n’y a pas de concept complexe à appréhender.

Les cours sont notés avec des lettres : A à D. Ces lettres correspondent souvent à une note sur 100 : de 90 à 100 A ; de 80 à 90 B etc …

La moyenne générale, aussi appelée GPA, dépend de la lettre obtenue dans chaque cours. Un A vaut 4, B vaut 3, C vaut 2 et D vaut 1. Une moyenne sur 4 est donc obtenue. J’ai toujours pas réussi à déterminer ce qu’était une bonne moyenne mais je pense qu’au dessus de 3.6 sur 4 ça commence à devenir pas mal.

Il y a régulièrement des contrôles. 3 à 4 par semestre. Les derniers contrôles s’étalent sur la deuxième semaine de décembre. Ces derniers contrôles se nomment « finals ». (C’est la semaine prochaine, je sais pas si je dois stresser ou pas).

stressed tiffany pollard GIF by T. Kyle

Au niveau des devoirs, beaucoup de lectures avant le cours que personne ne lit (imaginez un amphi dont aucun des 220 élèves n’a lu les chapitres requis avant le cours). Plutôt détendue comme ambiance de travail.

Accompagnement

Je suis chargée d’une double-peine. Je suis sportive et étrangère. Je dois donc aller voir deux conseillers avant de pouvoir choisir mes cours.

En tant que sportive, je suis censée avoir 6h de devoirs surveillés par semaine. La présence aux cours est obligatoire Mais, il se trouve que l’ordinateur sur lequel nous devons signer, considère que j’ai 0 heures de devoirs à faire. Bien entendu je ne l’ai dit à personne, je ne vais donc pas faire mes devoirs dans cette salle d’étude glauque. (T’inquiète pas maman je fais mes devoirs, seule, dans ma chambre, avec une tasse de thé vert au jasmin 😘🍵). Je tiens à balancer Mathieu (si, rappelez vous, mon pote français) qui n’a MÊME PAS VU DE CONSEILLER.

Il existe beaucoup de « ressources » (en anglais dans le texte) sur le campus pour aider les élèves. Notamment dans la bibliothèque, qui est énorme. Des professeurs y sont pour nous aider à réviser nos travaux, on peut aussi y louer des Pc.

   

Relations profs-élèves

Les relations profs-élèves sont comme toutes les relations interpersonnelles ici : bizarres. Il est très commun ici d’arriver en retard en cours (20min à 30 min), de rentrer dans la classe sans toquer, sans prononcer un mot d’excuse ou sans que le prof intervienne. Je trouve ça énormément choquant et irrespectueux pour le professeur mais c’est la norme ! Pire encore, les élèves se lèvent en cours, sortent de la salle tranquillement pour revenir 20 minutes après avec un café… Et les profs ne disent rien…

Citation et paraphrase

Çà je me devais vraiment de vous l’expliquer. La notion de plagiat est vraiment hyper méga importante aux US. Dès le premier jour de cours, on a eu le droit à une répétition des règles de citation. Dès qu’une idée est reprise dans un travail écrit, des règles de citations très strictes s’appliquent. L’année de publication et le nom de l’auteur doivent être précisés. Les références précises de l’ouvrage se trouvent dans une bibliographie en fin de devoir. Si un manquement à ces règles est observé, l’élève peut être considéré comme plagieur, peut être viré de l’établissement…

Tous les devoirs doivent répondre à des règles de présentation précises avec une police, une taille d’interligne et de marge précise. La façon de citer est aussi codifiée. L’oubli d’une virgule ou de la mise en italique peut faire perdre des points… Et oui, la forme est très importante.

Si ce n’était que ça, ça serait trop facile. Il existe deux grandes manières d’organiser son devoir répondant chacune à des règles différentes: MLA et APA.

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Ha oui, le plus fou pour la fin : on peut s’auto-plagier. Si je reprends une idée que j’avais développé dans un devoir précédent je suis obligée de m’auto-citer….

  • Mot du jour : Syllabus – résumé général des attentes et consignes du cours avec les infos essentielles


Le saviez-vous ? : Csun (California State University of Northridge) est une université qui fait partie du système californien d’universités publiques. Il y a à peu près 40 000 étudiants, ce qui est énorme pour la (petite) taille du campus.

Le saviez-vous ? 2.2 : Ma bourse scolaire est de plus de $10 000 et couvre les frais de scolarité ainsi que l’achat de fournitures. La fac est chère aux US et les étudiants s’endettent pour pouvoir étudier.
Mon cours de linguistique est un cours où nous sommes que des étudiants étrangers, c’est le cours le plus intéressant que j’ai car je découvre de nouvelles cultures et mes camarades sont super ! Ci-dessous une photo de mes camarades Rutvik (Indien) et May (Japonaise) et moi-même.
Pour ceux qui ne le savaient pas, j’écoute beaucoup de musique. Une musique par article ne reflète pas du tout ce que j’écoute au quotidien. Je vais donc en mettre 3 dorénavant. 3 styles différents. N’hésitez pas à dire ce que vous avez aimé ou pas aimé en commentaire !

1er son en lien avec le sujet. Pour un regain d’énergie.

Un classique du Grand Mr Redding 
Aucun rapport avec le thème mais un peu de douceur fait toujours du bien. Mme Bruni (et rien d’autre que Bruni)

3 – Entrainements

Vous avez été beaucoup à me demander comme se passaient les entraînements aux États-Unis. Cette curiosité est légitime, l’athlé occupe une place importante de ma vie et je suis venue aux USA en partie pour changer de cadre d’entrainement.

Cet article sera donc dédié à ma nouvelle vie athlétique.

J’ai peu de photos de mon environnement athlétique, les portables sont interdits à l’entrainement et dans la salle de soins.

Planning

Nous nous trouvons dans la première phase d’entraînement, nous nous entrainons 12h par semaine pour un plafond de 16h max prévu par la NCAA (fédération de sport universitaire) *. Cet emploi du temps va évoluer dans les semaines prochaines.

*(voir « le saviez-vous » du jour en bas d’article)

Lundi :                  14h-16h : Course

Mardi :                 6h30-7h30 : Haltérophilie    +     14h-16h : Course

Mercredi :               ————————————————————————–

Jeudi :                   6h30-7h30 : Circuit PPG type crossfit    +     14h-16h : Course

Vendredi :            6h00-7h Course

Samedi :                repos

Dimanche :           repos

Comme vous pouvez le remarquer, le nombre d’heures d’entrainement n’est pas vraiment énorme, juste condensé.

L’entrainement

Le contenu des séances (et je le remarque de plus en plus) est vraiment différent de ce que j’ai pu faire en France.

Très grossièrement : aux États-Unis la QUANTITÉ est privilégiée ; en France on privilégie la QUALITÉ.

Je m’explique : en France j’avais l’habitude de manger des séances techniques, plots, beaucoup de rigueur dans les gammes, dans l’attitude de course, beaucoup de répétitions du geste à faible intensité.

Premier entrainement aux Etats-Unis. Comment dire… Je me suis empêché d’éclater de rire. Mes camarades d’entrainement ne savaient pas faire leurs gammes (tu sais ce que le prof de sport te faisait faire au collège à l’échauffement, ce qui te rendait d’ailleurs  ridicule, talons-fesses, montées de genoux etc…). La catastrophe : pas de pied armé, des bras qui partent dans tous les sens, des genoux qui montent à peine, la règle des trois « angles hanche-genou-cheville » absolument pas respectée. Affreux. Mathieu, mon compatriote et moi étions partagés entre fou rire et désespérance.

La technique est abordée, dire le contraire serait vous mentir mais les consignes des coaches sont simples, souvent générales. Peu de corrections sont apportées.

Séance type des dernières semaines :

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  • 10′ de footing
  • étirements dynamiques
  • gammes
  • éducatifs haies
  • technique sur mini haies (les oranges pour les connaisseurs)
  • 2x (3x400m ) allure 17′ au 100m r3′ R8′
  • 6x100m placé

Comme vous pouvez le voir, beaucoup de volume.

Relation coach-athlète

Et oui, l’Athlé ce n’est pas que courir. C’est faire partie d’un groupe, interagir avec ses coaches, être motivé et surtout aimer ce qu’on fait.

Nous sommes encadrés par plusieurs coachs dont la hiérarchie est régie par la réglementation de la NCAA.

En haut de la pyramide siège le « Head-coach », le big boss. Il crée les séances et est notre responsable. Mon head-coach est Lawrence Johnson, dit « Boogie ». Un sacré bonhomme. Sur son bureau traînent deux coupes en forme de diamant. Une pour les haies basses féminines (400m haies) et une pour les haies hautes féminines (100haies), synonymes de victoire en Diamond League (circuit de meetings rassemblant les meilleurs athlètes mondiaux). Et oui, en plus d’être Head-coach à CSUN, Boogie entraîne le gratin mondial sur les haies féminines.

Viennent ensuite les « Assistant-coach », un par spécialité. Deux coaches sont responsables du sprint : Monica et Léo. J’ai plus souvent affaire à Monica car elle s’occupe du sprint long (veuillez comprendre que c’est elle qui tient le chrono et le sifflet durant les séances de la mort).

La relation avec les coaches est différente de celle que j’avais en France. J’ai toujours considéré mon club comme une seconde famille et j’ai toujours été très proche de mon coach, on rigolait beaucoup à l’entrainement.

Ici, la distance est de mise. Et cela certainement pour deux raisons :

1- Je suis nouvelle et ne me sent pas encore à l’aise avec les entraineurs.

2- Le contexte universitaire impose une distance qui n’existe pas dans l’atmosphère de clubs français.

Les athlètes de mon groupe sont néanmoins plus proches des coach-assistants.

L’ambiance et la relation à l’entrainement collent parfaitement à la mentalité américaine : si tu veux, tu peux. Il faut juste travailler très dur et être prêt au sacrifice.

Beaucoup de discours des coaches sur l’accomplissement, l’abnégation. C’est assez intéressant mais j’avoue que mon âme sensible de petite fille sage est touchée lors de chacune de ces interventions.

Relation athlète-athlète

Nous sommes un groupe d’une trentaine d’athlètes, toutes spécialités réunies, du sprint en passant par le saut et le lancer. Seuls les demi-fondeurs ne font pas partie du même groupe, ils préparent les cross et s’entraînent à d’autres horaires que nous.

Le concept de team, équipe, est très présent. Il est d’ailleurs central dans l’entrainement. Nous faisons les gammes tous ensemble, les étirements actifs tous ensemble, la séance tous ensemble. J’appartiens à six groupes d’appartenance différents, s’emboîtant les uns dans les autres.

1- Je suis une « matador », nom des étudiants de CSUN.

2-Je suis student-athlete comme mes camarades baskeuteurs-euses, vollyeurs-ses, footeux-euses etc.

3- Je fais partie de la Track-Team, je fais de l’athlétisme.

4- Je fais partie du groupe de sprint.

5- Je fais partie du groupe de sprint long.

6- Je fais partie du groupe féminin « A » de sprint long, nous sommes 4 à courir ensemble en séance.

Le soi est donc appelé à s’effacer devant l’intérêt commun ou du moins est appelé à le servir. Assez révélateur, le slogan de l’équipe est « Team first, Me last, 1-2-3, All-In » – L’équipe d’abord, moi après, « tout le monde [dans la team] ».

Le slogan est d’ailleurs scandé en partie par un individu, choisi par les coaches en fin de saison. Scander le slogan se mérite, c’est une récompense pour un effort fourni.

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<—- (J’étais comme ça quand je l’ai scandé la première fois)

Plus intéressant encore, lorsque quelqu’un fait une bêtise, tout le groupe est puni. J’ai utilisé le mot « bêtise », ce n’est pas une erreur, les jeunes américains sont assez immatures dans leur comportement.

Cette façon de concevoir le groupe comme un ensemble responsable de lui-même est assez intéressante, elle oblige à prendre l’autre en compte et à nous débrouiller les uns avec les autres car nous sommes dépendants de nos camarades.

Évidement, il y a des rebelles, des grosses personnalités qui veulent s’imposer, faire la loi. Les coaches sont intransigeants avec ce genre de comportement, et dans ces cas là le groupe paye mais l’individu paye aussi. Et souvent deux fois plus que le groupe. Les punitions ne sont pas arbitraires, elles sont justifiées et c’est justement ça qui est difficile à gérer.

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Je me suis ainsi retrouvée, en fin de séance, à devoir faire un 300m pour sauver une camarade insolente, ou encore à courir 2 miles en guise d’échauffement.

Toujours est-il que je me suis rapprochée de mes compagnons de douleur et surtout, je leur fais confiance.

Médical

Toutes les équipes de l’université ont un kiné attribué. Danae, une jeune femme très sympa et très compétente nous suit.

Nous avons accès à une salle de soin adjacente à la piste 30 min avant et après l’entrainement. Des rouleaux, de la glace, élastiques pour s’étirer, bottes de récupération, vélos elliptiques, table de massage, électro-stimulation sont à notre disposition. L’ambiance y est toujours très sympa.

Pour les soins plus profonds, une grande salle de soin existe. On y trouve bain froid, machine à gogo et kinés attentionnés pour nous aider. Tous les sportifs peuvent y aller en prévention de blessure ou en guérison.

Le gros souci que j’ai avec le médical est au niveau de la communication. Déjà qu’en français quantifier et situer précisément une douleur est compliqué, en anglais c’est infernal. Je me suis donc lancée dans l’apprentissage des parties de mon corps… J’ai ainsi confondu « core » (ce qui est profond dans le corps) et « corpse » (cadavre) Et ça fait beaucoup rire Danae…

MOT DU JOUR :                                                                                                                        Calfmollet ( signifie aussi veau).

LEÇON DU JOUR :

Se lever à 5h30 permet de profiter des petits bonheurs de la vie, du vent sur le visage, des levers de soleil et le petit-déjeuner prend une saveur particulière.

L’ACRONYME DU JOUR : NCAA (National Collegiate Athletic Association)

  • Association réunissant les programmes sportifs de nombreuses grandes écoles et universités américaines
  • Budget : 5,8 Milliards $ en 2008
  • 1,5 million de student-athletes
  • 19 500 équipes
  • 90 championnats
  • 24 sports
  • 3 divisions
  • La comparaison avec le système français est douteuse mais pour vous éclaircir la NCAA serait une FFSU (Fédération Française de Sport Universitaire) ultra performante et puissante avec un budget de fonctionnement largement supérieur à notre ministère des sports (451Millions pour 2019 en France).
  • La pratique de sport en université est réglementée par la NCAA. La NCAA relève du sport amateur (pas de sponsors personnels).

SON DU JOUR: Kanye West x Stronger

(Ne vous y méprenez pas : Je considère l’artiste comme un génie mais je pense que l’Homme n’a pas toutes ses capacités mentales et est dangereux).

Premiers pas

Bon bah voilà, après 11h de vol, 19 ans de carrière , 1h30 de queue à la douane, me voici arrivée aux États-unis.Et pas n’importe où : en Californie, le Golden State.

40 millions d’habitants vivent en Californie, dont 4 millions à Los Angeles, deuxième ville la plus peuplée des USA.
Alors, quand on sort de l’aéroport et qu’on prend une voiture pour se déplacer, ça ne change pas beaucoup de Paris : des embouteillages malgré les quintuples voies et des conducteurs à peine plus civilisés que leurs lointains cousins français.

Après 40 min de trajet, arrivée à Csun. Veuillez comprendre California State University of  Northridge, banlieue nord de LA.

Après une nuit de sommeil perturbée par le f*****g jet lag, je découvre le campus. C’est beau et grand ; des bâtiments flambants et neufs émergent de cet écrin de verdure. Manque plus que la rivière. En arrière plan se dresse des montagnes ; Northridge se trouve dans une vallée, en témoigne l’épaisse couche de brouillard qui se love au creux du bassin. La végétation est luxuriante malgré la chaleur.

La première journée sur le campus est consacrée aux taches administratives.

Je découvre les normes sociales américaines dont voici les rudiments que j’ai pu retirer :

1- Adieu la bise, bonjour le hug : Cher Français, tu l’aimes simple, double, triple ou même quadruple pour les puristes. En outre Atlantique on ne bise pas, on hug ; on caline si tu préfères. Une accolade brève et énergique.

2- L’Américain est très friendlyGrâce à la grammaire Anglaise, il n’y a pas de notion de « vouvoiement » ou « tutoiement » en anglais. La distance de rigueur entre deux inconnus est donc réduite considérablement. Tous les américains que j’ai rencontrés engagent la conversation et abordent assez rapidement des sujets qui seraient considérés personnels par des français.

3- Les sportifs sont extrêmement reconnus : Ce n’est pas qu’un mythe. L’importance accordée aux sportifs aux USA est bien différence qu’en France. Et ça fait du bien.

C’est tout pour aujourd’hui. Stay tuned, more to come soon.

La bise 😉

Léna

BONUS

  • MOT DU JOUR : dorm – dortoir 

  • SON DU JOUR :  2pac feat Dr.Dre – California Love

  • LEÇON DU JOUR : Les prises aux Usa ne sont pas les mêmes qu’en France. Triple buse.

  • 1 FACT ABOUT CALI : Weed is legal in Cali. You can order it from an app and be delivered at home. Just like pizzas. And I can tell you the one I smelled walking through streets is definitely not the same as the one smelled in le dernier wagon du Rer B direction Mitry-Claye.